Par Jean-François Clapé
Le principal problème médical
lié à la pratique du parapente et de
l'aile delta, et commun à tous les sports
d'altitude, est la déshydratation.
Ainsi, pour éviter, après quelques
jours d'activité, tendinopathies,
épicondylites, ténosynovites du poignet,
une hydratation suffisante est requise avant et
après la pratique sportive : un litre et demi
à deux litres d'eau légèrement
sucrée sont préconisés dans les
douze heures précédant l'envol, en
évitant cependant de trop boire deux heures
avant le décollage pour éviter les
problèmes de diurèse en vol.
Ces mêmes problèmes doivent
également faire préférer l'eau au
thé, café, coca, bière... Le
repas doit être pris 3 heures avant le
départ pour éviter les reflux
oesophagiens, notamment chez les pilotes d'aile delta
(qui volent à plat ventre). S'abstenir
d'alcool, de tabac, mais également de toutes
substances médicamenteuses (notamment
d'associations d'antalgique ou d'AINS avec des
produits codéinés, de tranquillisants,
antiallergiques, sédatifs,
d'antidépresseurs) qui pourraient perturber la
vigilance déjà altérée par
l'hypoxie.
Pathologies de posture
Les mécanopathies sont secondaires à
la posture en vol.
Celle-ci, liée au réglage du harnais
ou de la sellette, déclenche à la longue
contractures ou tendinites au niveau de
l'épaule, du coude ou de la colonne cervicale
ou dorsale. Leur prévention passe par un
meilleur réglage du matériel, par une
bonne hydratation diminuant les dépôts
uriques dans les tendons et par un bon
entraînement physique préalable
(étirements, gymnastique...).
Train d'atterrissage du parapentiste
Les membres sont les plus exposés avec comme
type de lésions principales : entorses et
fractures de cheville ou de poignet. Suivent ensuite
les atteintes du rachis caractérisées
par des fractures (tassements de D 12 L1
principalement) et dont les séquelles
neurologiques régressent
généralement. Ces traumatismes
potentiellement graves ne sont pas rares puisqu'en
1994, soixante-dix-neuf ont été
rapportés dont deux avec séquelles
médullaires définitives.
En aile delta, les gens étant en position
couchée, les régions à risques
sont plutôt localisées aux membres
supérieurs : les poignets, les avant-bras, le
coude et l'humérus avec risque de paralysie
tronculaire.
Une meilleure sensibilisation des
pilotes
Les chocs et les chutes étant possibles il
est nécessaire que le pilote se dote de
chaussures montantes appropriées avec semelles
amortissantes, d'un casque avec une protection
faciale, d'excellentes lunettes protectrices (pour
éviter les altérations de cornée
et le vieillissement prématuré
rétinien), d'une protection dorsale pour
amortir les chocs quand sa réception au sol
n'est pas encore performante (ce qui peut s'apprendre
même après la sortie d'école,
roulé-boulé des parachutistes et chute
avant des judokas)... et qu'il soit en possession d'un
parachute de secours.
Savoir rester très modeste par rapport
à ses propres performances, savoir
évaluer sa fatigue, sa compétence, ne
pas céder à la pression des autres et
savoir parfois renoncer sont aussi des gages de
sécurité.