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- Par Franck Puppato et Lionel Vayr
Le déroulement des opérations de
secours, les statistiques et certains accidents de
l'été 1996 nous incitent à
réfléchir sur ce que représente
la sécurité dans le monde du vol libre
et plus particulièrement dans celui du
parapente. La sécurité est un terme
général qui englobe des actions
préventives et, quand celles-ci ne suffisent
pas, des actions de secours. C'est
précisément dans le cadre des actions de
secours que nous avons rappelons ici quelques
règles fondamentales permettant d'aboutir
à une meilleure efficacité.
Un rappel
Tout secours à personne est gratuit sur le
territoire national excepté les domaines
skiables (loi Montagne 1985). Toutefois, la
médicalisation reste un acte médical
payant mais remboursable. Les interventions de confort
(récupération de matériels,
insectes...) peuvent quant à elles être
facturées, selon les communes.
Les communications
Avec la nouvelle numérotation
européenne, le numéro qui sauve devient
le 112 même si le 18 est toujours
opérationnel. Ce numéro 112 permet aux
personnes déclenchant les secours depuis un
téléphone portable de contacter les
services de secours du département où
elles se trouvent, contrairement au numéro 18
qui permet de contacter les services de secours du
département où elles sont
abonnées (Parisiens, attention!).
Pour vos communications radio, utiliser la/les
fréquences locales (affichées sur les
panneaux du site) doublées de la
fréquence sécurité FFVL (143,9875
MHz) pour connaître en permanence les
évolutions aérologiques.
L'accident
Basculer sur la fréquence
sécurité FFVL pour demander du secours,
pour demander de l'aide ou pour prendre contact avec
d'autres libéristes témoins de
l'accident.
Si la liaison radio est impossible avec la victime
et que sa voile ouverte n'est pas repliée, cela
signifie : demande de secours. Dans tous les cas, les
secours doivent être déclenchés
à l'exception du parapentiste apte à
replier sa voile.
Si la liaison radio est possible avec une victime
se disant autonome, totalement indemne, pas en danger,
les secours doivent en être avisés le
plus rapidement possible afin d'éviter toute
intervention héliportée inutile
(d'autres témoins non parapentistes alerteront
certainement les secours sans être
informés de la situation). L'urgence de
l'intervention peut être levée à
cette seule et unique condition (ce seront les
équipes terrestres qui interviendront, si le
parapentiste à besoin d'être
dé"branché").
Si la liaison radio est impossible, les
parapentistes témoins de l'accident peuvent
"scanner" les fréquences voisines (135 MHz
à 170 MHz) à la recherche d'un contact
radio.
Les autres parapentistes doivent effectuer une
recherche des personnes accompagnant
l'accidenté.
Nous conseillons aux parapentistes
intéressés de suivre une formation de
secouriste à titre préventif, en passant
l'AFPS (Attestation de Formation aux Premiers
Secours), et prendre dans leur équipement une
couverture de survie et un couteau-scie (pliant).
Vous êtes l'accidenté
Après le crash, utilisez votre radio!
Si vous êtes suspendu à une hauteur
importante du sol (falaise, arbre haut), la
désolidarisation de la sellette est proscrite
au bénéfice de l'attente des secours.
Vous éviterez ainsi les conséquences
d'un malaise post-traumatique ou d'un mauvais
réflexe (personne choquée).
Si l'amarrage est possible, installer une assurance
supplémentaire sur un point fixe (rocher,
branche, arbre) à l'aide de quelques suspentes
ou la cordelette de l'accélérateur (la
résistance d'une suspente en traction avoisine
les 100 kg!).
Une fois "longé", si la
désolidarisation de la sellette est
envisageable, c'est à dire si vous êtes
en mesure de progresser dans l'environnement proche
sans danger, essayez de rester toujours longé
sur un point fixe à l'aide par exemple d'une
deuxième assurance.
Si vous êtes dans une ligne
électrique, ou sur un poteau électrique,
restez parfaitement immobile jusqu'à
l'arrivée des secours
spécialisés.
Dans l'eau (lac, rivière ou torrent), la
désolidarisation de la sellette doit être
immédiate voire même juste avant de
toucher l'eau, puis évitez absolument tout
contact avec les suspentes ou le parapente.
La compétition
Une compétition implique l'utilisation de 3
canaux de communication :
- - un canal "sécurité
compétition" : ce canal peut être
différent de la fréquence
sécurité FFVL; aussi les
compétiteurs victimes d'un accident et n'ayant
aucun contact radio sur le canal
"sécurité compétition" doivent
penser à basculer sur la fréquence
sécurité FFVL;
- - un canal "organisation" : cette fréquence
est utilisée par les organisateurs. Cependant
les organisateurs doivent assurer tout le long du
parcours la double écoute permanente de la
fréquence "sécurité
compétition" et de la fréquence
sécurité FFVL;
- - un canal "récupération" : le canal
récupération peut être le
même que le canal "sécurité
compétition".
- Lors d'une compétition, les organisateurs
doivent par avance veiller à prévenir
les services départementaux de secours
concernés par le trajet théorique de la
compétition en précisant :
- - le trajet théorique;
- - le nombre de compétiteurs;
- - les fourchettes horaires;
- - les zones de décollage et
atterrissage;
- - les fréquences utilisées;
- - les numéros de téléphone
des organisateurs.
Lors d'une compétition, les organisateurs
doivent par avance, veiller à prévenir
les aérodromes concernés par
l'activité de la compétition en
précisant :
- - le trajet théorique;
- - le nombre de compétiteurs;
- - les fourchettes horaires.
Les équipes d'encadrement
Si un membre du groupe et/ou de l'école est
victime d'un accident, interrompre sur-le-champ
l'activité pour tout le monde (le responsable
doit à ce moment précis, se consacrer
entièrement à la victime).
Contacter la personne accidentée par radio
ou de vive voix si la situation le permet.
Appeler le plus rapidement possible les services de
secours pour confirmer ou infirmer la demande de
secours.
Les écoles agréées et/ou les
groupes doivent s'équiper d'un
téléphone portable pour garantir
l'efficacité dans le déclenchement des
secours.
Placer éventuellement des guides le long du
sentier pour faciliter l'accès de
l'équipe de secours.
La demande de secours
Il est indispensable de préciser :
- - le nombre de victimes;
- - le lieu exact en précisant : l'altitude,
la position géographique par rapport au relief,
les accès routiers;
- - la couleur de la voile;
- - les difficultés particulières
(ligne EDF, plan d'eau, paroi, arbre très
haut...) ;
- - un bilan d'urgence des trois fonctions vitales :
la conscience, la respiration, la circulation et des
traumatismes graves (colonne, bassin, fémur,
hémorragie).
En attendant l'équipe de secours, le
responsable doit rester en contact permanent avec la
victime en lui apportant un réconfort moral et
si possible, la couvrir.
Les services de secours
Le vol libre représente 40 000 pratiquants
dont 83% d'hommes et 17% de femmes. Chaque
année, 1,57% des pratiquants seront victimes
d'un accident entraînant une atteinte
lésionnelle. Ces atteintes lésionnelles
représentent 225 atteintes des membres
inférieurs (dont 100 chevilles) et 130
atteintes de la colonne vertébrale et/ou du
bassin.
37,5% des atteintes lésionnelles sont
graves, c'est à dire qu'elles impliquent des
conduites spécifiques (immobilisation,
médicalisation...) inscrites dans des
délais rigoureux (concept de l'heure d'or) :
"Si je peux vous atteindre, arrêter vos
saignements, et rétablir votre tension en moins
d'une heure après votre accident... alors, je
peux certainement vous sauver la vie" (R. Adams
Cowley).
Dans leur zone de couverture, les services de
secours doivent mettre en place des actions de
prévision avec une cartographie des sites
ouverts comportant les accès routiers, les
accès pédestres, les altitudes, les
délais d'intervention, les fréquences
locales, les personnes à contacter, les
difficultés particulières.
En plus du matériel classique de secours en
montagne, les équipes d'intervention doivent
être équipées d'un moyen radio
portatif permettant l'utilisation des
fréquences sécurité FFVL et
locales dans la bande des 140 MHz.
Des exemples d'accidents graves ayant
entraîné des conséquences
irréversibles, nous invitent à appliquer
les règles suivantes : dans le doute
(informations insuffisantes ou peu fiables), orienter
les opérations de secours vers une conduite
à tenir comme accident grave (délai
d'intervention ne dépassant pas 1 heure,
médicalisation).
En ces d'absence d'informations fiables concernant
la victime ou de délai d'intervention terrestre
supérieur à 1 heure et/ou de victime en
danger (accrochée en falaise...), on doit
impliquer une demande immédiate d'intervention
héliportée.
Conduite à tenir en présence de
l'hélicoptère
Pour les pratiquants :
- - enlever, replier ou fixer tout objet volatile
(sacs, voiles, écharpes, casquettes...) autour
de la zone où va s'effectuer le treuillage ou
le poser (50 m x 50 m);
- - tous les parapentes en vol doivent
dégager une zone de 1500 m x 1500 m autour du
lieu de l'accident.
Pour les équipes d'encadrement ayant eu une
formation à l'emploi de
l'hélicoptère
(dans le cadre du secours en montagne, les
consignes rappelées ici, ont été
établies pour un appareil du type Alouette III)
:
- - elles peuvent être amenées à
préparer ou repérer une DZ (dropping
zone). Cette zone plane de 4 m x 4 m doit être
dénuée d'obstacle de plus de 1,2 m de
hauteur dans un rayon de 10 m, côté avant
de l'appareil et dénuée de tout obstacle
dans un rayon de 10 m, côté
arrière de l'appareil;
- - les axes d'approches ou de dégagements ne
doivent pas présenter d'obstacles de plus de 15
m à moins de 100 m de la DZ;
- - au besoin, le guidage sera fait par une personne
seule immobile dos au vent au fond de la DZ;
- - l'immobilité sera maintenue
jusqu'à la fin de l'approche;
- - cette personne ne doit absolument pas quitter
des yeux l'équipage qui est susceptible de lui
faire des signes;
- - elle doit écouter les consignes
impératives de l'équipage. n
Conduite à tenir
- Contacter l'accidenté.
- Contact physique.
- Contact à la voie.
- Contact radio.
- Contact visuel.
- Eviter le suraccident.
- Pour l'accidenté.
- Pour les témoins.
- Pour les premiers sauveteurs.
- Alerter les secours.
- 18 (ou 112 sur téléphone
portable) POMPIERS.
- 15 SAMU.
- 17 POLICE ou GENDARMERIE.
- Transmettre les informations.
- Lieu exact de l'accident (commune, massif,
site, altitude, etc.)
- Blessure et douleurs de
l'accidenté.
- Contact possible avec la victime (radio,
téléphone, etc.)
- Couleur de la voile.
- Difficultés d'accès (ligne
électrique, falaise, eau, arbres,
etc.)
- Circonstances de l'accident (retour à
la pente, décrochage, rotation,
etc.)
- Apporter un réconfort moral à
l'accidenté.
- Contact physique.
- Contact à la voie.
- Contact radio.
- Guider les secours.
- Si intervention
héliportée.
- Libérer un espace aérien de
800 m de rayon autour de
l'accidenté.
- Amarrer la voile.
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