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Protest V - Les traumatismes de la colonne vertébrale en parapente en 1994 et 95 et l'incidence de la protection dorsale.

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Par Jean-François Clapé
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    Avec 26 % du total des accidents de parapente de 1996, les lésions de la colonne vertébrale viennent en deuxième position derrière les atteintes des membres inférieurs (45 % dont 2/3 de chevilles). Dans le cadre du programme de recherche PROTESTS V la totalité des accidents ont été analysés, puis tous les accidentés du rachis ont été directement interrogés par les responsables du médical. Sur deux ans les 177 "rachis" qui ont été déclarés ont été ainsi spécifiquement décortiqués.

     

    Le bilan :

    Il en ressort que 12 % avaient de simples contusions mais que 22 % ont été opérés. Après une année d'évolution, 10 % gardent des séquelles neurologiques dont 4 sont des paraplégies complètes, 40 % souffrent de manière chronique, 34 % sont limités dans leurs activités et 20 % ont subi une déqualification professionnelle ou sont au chômage.

    L'âge croissant, la méforme, la fatigue et les soucis professionnels ou familiaux sont corrélés à ces accidents. Le vent fort (60 %), les thermiques forts (40 %) sont bien sûr retrouvés. Mais si la voile est, en général, actuellement en rapport avec le niveau de pilotage c'est la prise en main qui fait problème : 26 % dans les 10 premiers vols dont 14 % lors du premier !.. D'autre part, semble-t-il en relation avec la meilleure stabilité et les performances accrues des machines, d'une part les pilotes expérimentés prennent trop de risques et d'autre part les novices s'aventurent dans des aérologies bien trop fortes pour leur niveau : 55 % d'erreurs de pilotage et d'analyse, pour seulement 25 % d'" accidents fortuits " ne laissant au pilote ni le temps de rouvrir sa voile ni d'ouvrir le secours. Parmi ces derniers les modifications très diverses apportées par rapport aux conditions de labellisation de l'aile sont à étudier de plus près. Les réglages ou le type de sellette, la présence ou non d'afficheurs ou d'accélérateurs mentionnés sur les " stickers " ne sont pas des données facultatives si l'on veut garder la maîtrise de son aile...

     

    Les lésions :

    Sur le plan lésionnel les accidents de parapente touchant le rachis sont très particuliers :

    - 55 % sont des lésions rachidiennes isolées impliquant des énergies faibles ne touchant pas les autres organes ;

    - 55 % touchent les trois vertèbres de la charnière dorso-lombaire (T12, D1, D2).

    Deux éléments expliquent cette singularité.

    - la mauvaise position lombaire dans les sellettes actuelles contraint les disques intervertébraux en une courbure non physiologique qui les rend inefficaces lors du crash, avec peu ou pas d'amortissement : c'est la vertèbre qui encaisse et qui rompts ;

    - la difficulté de se relever avec certaines sellettes (60% des accidentés assis lors de l'impact). Les jambes sont de ce fait totalement hors jeu pour amortir le choc.

    Ces deux éléments devraient être modifiés pour que le pilote puisse utiliser une technique proche du roulé boulé en cas de coup dur.

     

    Le roulé boulé :

    Rappel technique : pour un amortissement optimum il faut que la réception se fasse pieds à plat, talons joints, genoux serrés et semis fléchis, bras fléchis coudes au corps, mains de chaque côté du cou protégeant la nuque, tête fléchie menton sur le haut du sternum, muscles très toniques mais pas tétanisés. Efficacité : jusqu'à 8-10 m/s pour des sujets entraînés.

    Ne pas l'enseigner et ne pas l'apprendre le rendra difficile à mettre en oeuvre car il ne s'improvise pas et nécessite d'être entraîné. On peut s'interroger sur une telle obstination à nier son utilité réelle. Pourquoi ne pas le faciliter par une modification, somme toute mineure, de la position en vol et une autre, certes plus radicale, de la position en prise de terrain ? Les pilotes de delta ont bien appris à gérer overdrive, ouverture de harnais et autres dragchutes pour ne pas manger l'herbe à chaque attéro. Éviter le fauteuil roulant vaut bien quelques modifications de " look " !

     

    Les protections dorsales en question

     

    Depuis cinq années, alors que la proportion d'accidents totaux et leur nombre diminuent, les accidents rachidiens restent stables, en nombre, voire augmentent un peu... Or parallèlement les pilotes se sont équipés de " protections dorsales ". En 1995 les pilotes accidentés du rachis étaient équipés à 62 %, en majorité des modèles de type coques rigides. Il n'y avait aucune différence de lésions entre les accidentés " protégés " et les autres. Quelques rares lésions dorsales hautes, déjà observées par les auteurs anglais et par Gaël Melot en 1993, font même penser qu'il pourrait y avoir une aggravation paradoxale du fait de ce type de " protection rigide ". Sur toutes les statistiques étudiées les lésions dûes au poinçonnement sont anecdotiques, en France ou ailleurs.

     

    La conclusion médicale est donc sans appel: du fait des conditions déjà évoquées plus haut la mise en oeuvre des " protections dorsales " actuellement portées par le plupart des parapentistes n'a pas permis de réduire le nombre et la gravité des accidents de la colonne vertébrale.

     

    PROTESTS V

    Cette constatation suspectée fin 1995, détermina le lancement du projet PROTESTS V (Programme de Recherche Opérationnel avec Tests Expérimentaux des Sellettes de parapente et Techniques de Sauvegarde Vertébrale). Outre l'étude médicale, dont vous avez lu les premières conclusions, ce programme de recherche comportera des tests biomécaniques de sellettes avec et sans " protection " (le terme retenu est " dispositif d'amortissement " plus conforme à la réalité).

    Air Bulle, Airwave, Keller, Lemaire, Scorpio et Sup-Air en ont accepté le principe et la transparence. La première série d'essais effectuée fin septembre a démontré l'inefficacité totale des protections rigides/minces et recommande leur abandon pur et simple. Qu'il soit dit ici que les Lois de la physique ne vont pas permettre de prolonger leur carrière commerciale en les enduisant d'un gel " miraculeux " !.. Sur 1 cm d'épaisseur, le malheureux pilote encaissera 200 G [et quelques milliers de Jolts(= Nb de G/s)]. L'être humain cesse de vivre vers 50 à 70 G, sauf miracle !.. Le seul " miracle " consisterait donc pour un vendeur peu scrupuleux à écouler un stock un peu encombrant.

    Les constructeurs sérieux vont épaissir leurs protections, modifier leurs sellettes d'après les critères que nous leur avons communiqués et nous referons les tests sur ces prototypes au printemps. Le but de notre projet est de réduire ce problème rachidien à l'horizon des années 2 000. Les résultats complets des tests seront disponibles après décryptage et analyse en fin d'année. Ils vous seront commentés et il vous appartiendra de faire usage de votre sens des responsabilités, pas forcément de celui des économies mal comprises (ou du profil des ventes). Bons vols à tous.

     

     

    PROTESTS V : les sellettes évaluées

    Deuxième campagne

     

    Pourquoi?

    Depuis le début des années 90 les accidents rachidiens sont devenus le problème le plus préoccupant pour les pilotes de parapente. Ils sont montés jusqu'à 25% du total des accidents en 5 ans. Ceci en dépit de la diminution importante de l'ensemble des accidents et du fait que pendant cette période les pilotes s'étaient équipés de protections dorsales dans une proportion passant de 10% à 60%.

    Plus dérangeant encore, les lésions observées étaient plus graves avec certaines protections que sans, et malgré un nombre absolu d'accidents rachidiens constant (environ 90 par an) les séquelles neurologiques définitives restaient rares (1 à 3 par an). Ces paradoxes nous menèrent à l'élaboration fin 95 d'un projet de recherche opérationnelle coordonnant l'observation accidentologique de l'évolution des lésions avec des crash tests destinés à améliorer les dites protections dorsales. Ce programme est appelé PROTESTS V : Programme de Recherche Opérationnel avec Tests Expérimentaux de Sellettes (de parapente) et Techniques de Sauvegarde Vertébrale. Deux séries de crash tests ont été effectuées en septembre 96 (Eurocopter, Marignane) et en mars 98 (CEV, Brétigny). Les résultats de la 1re série d'essais sont disponibles par ailleurs. Ceux de la 2e série vous sont ici proposés.

    Notre espoir est bien sûr que les modifications proposées de ces protections dorsales et celles des comportements des pilotes, résultat des informations accidentologiques diffusées à leur intention, permettent de ramener à un niveau raisonnable les lésions rachidiennes, sans augmenter les autres.

    Nos tests sont destinés à améliorer ces systèmes d'absorption d'impact, pas à les normaliser. La cible est de protéger réellement la colonne des parapentistes, pas de protéger les instances dirigeantes derrière une réglementation! Nous souhaitons que les autres fédérations de vol libre européennes unissent leurs forces, dans ce domaine, pour le bien de tous. Enfin, rappelons que ce projet a gagné en 97 le premier concours médical du Comité National Olympique et du Sport Français.

     

    2e campagne : évaluer et relancer

    Les résultats encourageants de la 1re campagne nous ont poussés, dans la mesure du possible, à évaluer tout nouveau dispositif d'amortissement. Il fallait aussi continuer à recueillir les données accidentologiques pour observer si le changement s'effectuait vraiment, et dans le bon sens, au niveau des accidents. Pour cela il fallait relancer l'information le plus souvent possible auprès des pilotes. La presse nous a beaucoup servis : en bien ou en mal, il y eut débat contradictoire sur nos thèses. C'est ce qu'il fallait pour que les pilotes perçoivent le problème et recherchent activement une issue à ce dilemme.

     

    Modifier le matériel

    Les constructeurs partenaires, selon l'accord passé avant les essais de 96, ont bénéficié quelque temps de l'exclusivité des résultats et des recommandations qui en étaient issues. Cela leur a donné l'occasion de modifier ou de réorienter leur production vers ce qui avait été défini comme souhaitable. Annoncer les conclusions sans que le marché ne puisse offrir d'alternative disponible aurait rendu inefficace cette diffusion et ouvert la porte à des produits non validés. Les concepteurs partenaires avaient pris un risque, il était juste qu'ils en bénéficient. Pensez-y lors de vos prochains achats…

    Scarabée cherchait un débouché industriel que lui entrouvraient ses résultats. Air Bulle a complètement revu son ensemble harnais/protection en abandonnant le Back-Up II pour le Bulle-Bag, décliné en différentes épaisseurs, et créant une sellette originale du point de vue de la facilité de se relever. Airwave a rendu poreux son Rap Air qu'un sac solide et trop étanche transformait en brique en fin d'impact pour lui rendre son amortissement. Scorpio a encore amélioré l'ergonomie de sa sellette et fait pratiquer des tests personnels dans des conditions simplifiées, à peu près comparables. A l'issue de ceux-ci et d'une revue des matériaux envisageables il a mis au point il a conçu la 3D Pro très sophistiquée. Et Sup-Air, comme à l'habitude du concepteur, Pierre Bouilloux, a sorti un modèle par trimestre ou presque : 12 cm, 17 cm, étanche ou pas, tout en lançant la mode du couché-dos!

    Il restait bien sûr à valider les tests expérimentaux dans la réalité des accidents et cela nécessite un recul d'au moins deux ans : c'est dire si l'évolution de l'accidentologie 97-98 est attendue…

     

    Organiser les seconds essais

    La diffusion des articles scientifiques et médicaux de la première partie a eu pour effet de donner une certaine notoriété au projet, plus par son originalité que par le renom de ses auteurs. Le prix de 200000 F du CNOSF nous a paru une motivation suffisante pour dynamiser le groupe. La première moitié du prix nous fut versée en avril 97. Quelques déplacements et achat d'accéléromètres et l'opération avait un numéro d'essai et un financement au Centre d'essais en vol de Brétigny, ce qui est la condition sine qua non pour ce genre de sites très officiels. La seconde série de crash tests du programme a donc été effectuée en mars dernier. 51 chutes ont pu être effectuées sur trois jours. Après élimination à 1,25 m et 1,50 m des modèles insuffisants à la verticale, les deux tiers environ des dispositifs étudiés ont pu être testés une à trois fois à 1,85 m (Vz = - 6 m/s) verticalement puis inclinés latéralement de 30°.

     

    Les observations de 98

    Les résultats sont plutôt meilleurs que lors des 1ers essais en 96. Mais l'analyse fine des résultats nous a confirmé que la publication rapide des chiffres bruts pouvait cacher quelques vilaines surprises. Ne livrer les chiffres que parfaitement commentés permet d'éviter de propager des rumeurs difficiles à enrayer par la suite. La principale observation de 98 est la complexité des données à gérer pour obtenir un produit efficace.

    Quelques exemples :

  • - pour les airbags, une simple différence de tissu ou de diamètre de valve peut suffire à rendre le même produit inopérant; une couture usée peut tout changer, ne jouez pas avec!
  • - toujours pour les airbags, l'inclinaison latérale est une difficulté majeure et ce pour toutes les marques;
  • la réponse envisagée a été le combiné airbag/mousse; là encore, chez le même constructeur, le choix de la mousse et sa disposition peut faire passer un produit de correct à médiocre;
  • - si l'amortissement vertical initial est excellent, il ne faut pas que le rebond puisse créer des problèmes plus graves au niveau cervical ou crânien;
  • - une bonne absorption à vitesse moyenne ne doit pas se payer par une rigidité trop élevée à faible vitesse; une simple adjonction de mousse de confort peut " ruiner " un modèle;
  • - une bonne absorption lombaire ne doit pas se payer en cervical; ce qui s'est vu avec les coques peut se voir avec les mousses épaisses.

     

    Bref, les tests simples basés sur des a priori sont générateurs de surprises désagréables. Tout doit être vérifié, rien ne peut être affirmé par analogie sans risque grave pour l'utilisateur.

    De ce point de vue, hormis les compétiteurs (et encore!), le gain des positions allongées est dangereux : vive les sellettes permettant un relevage rapide qui assurent ainsi une réception bipodale et non pas caudale!

     

Bilan général

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    Les sellettes

    Scarabée

    Les tests de 98 trouvent pour le Scarabée la même efficacité à la verticale qu'en 96. Bonne nouvelle nos tests sont reproductibles, exécutés avec des équipes, des matériels et en des lieux différents! Incliné, il conserve cette efficacité. Mais l'adjonction de mousse injectée dans l'assise supposée l'améliorer a, en fait, l'effet contraire et sera abandonné pour les modèles commercialisés. Le Scarabée est donc abouti en tant que concept mais il lui reste à trouver tout à la fois un producteur et un public car l'objet n'est pas donné et il est à usage unique.

    Airbags

    Les airbags étaient nombreux et il est clair que deux écueils les guettent : trop ou trop peu. S'ils sont trop étanches cela devient brique ou trampoline et la résilience du corps humain aux chocs successifs est médiocre (un impact ça va, deux impacts…). S'ils sont trop étroits on touche le sol avant d'avoir été freiné surtout en position latérale. S'ils doivent éclater il faut que ce soit à bon escient. Sur bien des points, avantage à Keller, concepteur initial mais l'impact latéral montre clairement la limite. Les autres seront probablement très vite retouchés. Mais ne vous contentez pas de l'affirmation : c'est un airbag, c'est bon!..

    Mousses

    Les mousses bags progressent grâce à l'épaississement et l'ensachage assez bien contrôlé. Tout dépend de la sellette avec laquelle ils cohabitent, la même protection varie beaucoup en changeant de sellette! Ils sont parfois bien encombrants, gênants faute d'être articulés. Combinés avec des sellettes trop profondes, ils deviennent très pénalisants pour se relever vite et user des jambes comme amortisseurs primaires. Les tests sont, pour ces mousses bags, absolument nécessaires : selon l'équilibre entre les mousses et leur sac, les mêmes épaisseurs peuvent avoir des résultats très différents : chez Sup-Air en 96 le modèle 14 cm donnait 27 G, en 98, en 17 cm selon le sac, 31 G ou 21 G. La répercussion des G vers la tête doit être vérifiée, il y a parfois aggravation! Ces défauts de certains ensembles sellette/protection sur le thorax ou la tête n'apparaissent qu'avec un test complet. En 96 les accélérations de tête étaient plus faibles qu'à l'assise : 23 G pour 27 G pour le 14 cm. En 98, pour certains sacs, la tête était soumise à des accélérations plus importantes que l'assise! 2 à 5 G de plus fort malvenus! Nous préférons les réparations lombaires plutôt que cervicales ou que des comas…

    Ceci rend donc impossible un test plus simple sans mannequin anthropomorphe. C'est plus cher mais c'est le seul moyen de ne pas valider un système d'amortissement pervers. Ceci s'est reproduit avec plusieurs modèles de conceptions différentes.

    A méditer par ceux qui pensaient certifier avec des tests très simples…

    Mousse/airbag

    Les compromis mousse/airbag dont c'était la première sortie ont des résultats intéressants. Il leur faut un peu de mise au point car, là encore, selon le compromis, c'est bon ou inacceptable. Mais ils pourraient être la voie de correction du défaut latéral des airbags.

    Bulle Bag

    Air Bulle, dont le produit est léger et peu gênant par sa flexibilité, a d'assez bons résultats qui seront optimisés par la possibilité réelle de se relever vite avec la sellette Tip-Top assortie. Des bulles à rupture différenciées seraient envisagées.

    3 D Pro

    Le système de Scorpio est un compromis entre des mousses de densités différentes et un composite à usage unique qui entre en jeu au-delà d'une énergie suffisante pour le déformer. Il doit être adapté au poids pilote et, comme le Scarabée, doit être débarrassé des mousses qui empêche la mise en œuvre immédiate du composite amortisseur. Il est, par définition, à remettre en état après un impact sérieux (remplacer le composite).

     

    Tous ces concepts des constructeurs ayant participé aux premiers essais atteignent une certaine maturité. Cette deuxième séance de crash tests permettra encore de les améliorer. Trois nouveaux nous ont présenté leurs produits.

    Woody Valley et son concepteur M. Simone présentaient plusieurs modèles dont un intéressant combiné Air Bag/mousse de 10 cm assez similaire à celui de Sup-Air avec la touche du maestro pour le look.

    Denis Cortella nous a apporté un Rap-Air amélioré. Il est perfectible, certes, mais Denis était venu pour apprendre et son adaptativité est évidente.

    Trekking nous a adressé un SAS avec une sellette Next Tornado. N'ayant eu aucun contact avec les concepteurs, nous ne ferons aucun commentaire

     

    Modifier aussi les comportements

    Nous ne connaissons aucun parapentiste de bonne foi qui n'est pas été secoué par le film vidéo réalisé pour ces crash tests. Si vous ne l'avez pas vue, sachez qu'elle est disponible dans les ligues et libre de droits de reproduction pour les écoles et clubs. Après ce clip, vous n'approcherez plus jamais du sol assis en air agité. Sauf si seule la testostérone régit vos fonctions cérébrales!

    A voir les statistiques comparées femmes/hommes, nous pourrions éviter tout ennui majeur si nous suivions tous l'inclination naturelle de la gent féminine à réfléchir avant d'agir. Qui a vu une femme " envoyer grave " ou atterrir " à la Bourquin ", simplement pour épater les mecs? Qui en a vu voler des années sans casque et sans parachute de secours, simplement parce que " c'est pour les mauvais "? Elles ne se contentent pas de donner la vie, elles la préservent aussi, y compris la leur.

    La pression des pairs est aussi à l'origine des comportements de choix des matériels volants et cause l'épidémie de fermetures et de surcontres de ceux qui ont visé un cran trop haut au niveau voiles.

    Quant aux protections, pour l'instant il ne reste qu'elles, in ultima ratio, pour vous protéger quand, ayant perdu l'occasion de voler sagement un autre jour, votre voile reste obstinément repliée malgré son niveau I, votre parachute est absent ou introuvable, et votre sellette est réglée trop arrière pour que vos jambes vous servent… Sérieusement parlant c'est ainsi que se sont réellement cassées 60% des presque trois cent cinquante vertèbres de nos pilotes blessés rachidiens sur les questionnaires qu'ils nous ont retournés.

     

    Optimisme

    Pour finir, une note optimiste, outre le fait que les modèles des fabricants devraient être bientôt assez efficaces, il semble que les accidents rachidiens régressent déjà. Alors que les accidents totaux augmentaient d'environ 10%, les accidents fracturaires rachidiens ont diminués de 10 en nombre absolu. En pourcentage cela ramène le problème à 20% contre 25% en 95/96! On essaye moins de 15%? Merci!

     

    Soyez bons avec votre médecin… et avec vous-mêmes : faites un réel effort pour prendre le terrain et atterrir debout! Un avion sort le train en vent arrière, pas en étape de base, en finale ou à l'arrondi! Sinon le train serait bien souvent oublié et l'avion vautré, carlingue faussée… En vol libre, n'oubliez pas que la carlingue, c'est vous!

     

    Le Programme de Recherche Opérationnel avec Tests Expérimentaux des Sellettes [de parapente] et Techniques de Sauvegarde Vertébrale se poursuivra jusqu'en l'an 2000 et l'observation accidentologique de la pratique du parapente à la FFVL nous indiquera d'ici fin 1998 si la méthode utilisée commence à infléchir de manière significative les risques rachidiens encourus par les pilotes, ce que nous espérons tous.

     

     

    Coques rigides : danger!

    Vendredi 7 août 98 : ce parapentiste qui vole épisodiquement depuis environ 10 ans avec une voile facile perd son cap, fait un tour et percute dans une zone peu boisée. Il est retrouvé assis dans sa sellette équipée d'une coque rigide. Bilan : Cervicale éclatée, totalement paralysé. Conscient puis en coma, il décédera quelques jours plus tard.

    Jeudi 13 août : ce parapentiste débutant pratique régulièrement sous une voile standard. En conditions calmes, sa voile passe devant au décollage, abat et ferme. Retour pente immédiat. Percute de face dans une zone peu boisée. Il est retrouvé assis dans sa sellette équipée d'une coque rigide. Bilan : Lombaire en morceaux, diminution de sensibilité des jambes. Il restera conscient et sera hospitalisé.

    STOP! Les essais effectués par la FFVL ont démontré au mieux l'inefficacité totale des coques rigides /minces et le plus souvent leur nocivité puisqu'elles répercutent et amplifient les chocs reçus.

    Pour ces coques, une seule destination : la poubelle! Elles ne sont d'ailleurs plus commercialisées depuis 2 ans! Alors ne volez plus et ne laissez plus voler de pilotes avec des sellettes équipées de ces pseudo - protections!

     

     

 


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