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rubrique "Jeunes" du
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SOMMAIRE
A
l'école du vol libre - Le futur ne manque pas d'avenir
VL
et millieu scolaire
Les
établissements participants
Frappez
à la bonne porte - Christine Cessio, Gilles Schwab
Les
activités UNSS
Les
sections sportives - création et
fonctionnement
Les
Pôles Espoirs vol libre - Scolarisation,
emploi du temps et entraînement, recrutement 2004
L'expérience
du collège de Rochebrune - propos recueillis
par Stéphane Malbos
Le
témoignage d'un père
Le
cerf-volant aussi ! - Michel Trouillet
La
compète, c'est trop cool ! - Marc Rispoli,
cadre technique, entraîneur du Pôle Espoir de
Font-Romeu
A
l'école du vol libre
Le futur ne manque pas d'avenir
Depuis de nombreuses années, les magazines reconnus
et " sérieux " du vol libre, à commencer par
VOL Passion, ne cessent de rabâcher sécurité sur
toutes les musiques, les langues, les couleurs. Et que constatons-nous ?
Si les champions de tous poils nous font rêver, si le décollage
de Montmin ou Saint André laisse découvrir au pilote lambda
un site incomparable, il n'en est pas moins vrai que pour assouvir pleinement
sa passion, la formation, reste pour la carrière et la vie d'un
pilote la première des priorités.
Si l'on en croit un dicton pyrénéen " même
les oiseaux apprennent à voler ! ". Nous devons admettre
que si l'on veut de bons et " vieux " pilotes, notre activité
aérienne, le vol libre, impose à tous une rigueur de tous
les instants, une remise en cause continuelle des acquis.
Le vol libre, c'est également une technique
qu'il faut acquérir et perfectionner sans cesse. Un pilote est
toujours en formation dans la mesure où son environnement remet
régulièrement en cause ses certitudes, et le pousse à
construire de nouveaux savoirs pour accroître son niveau de pilotage.
La FFVL est loin de l'ignorer. Elle a mis en place
toute une batterie de tests (stages, publications...) et s'est donné
les moyens, en particulier pour les jeunes, de répondre à
cette interrogation, ô combien d'actualité, sur la sécurité.
Pour obtenir aujourd'hui, dans le cadre de Vol libre 2000, d'excellents
pilotes et, demain, en former encore de meilleurs.
Vol
libre et millieu scolaire
En 1994, LA FFVL fêtait ses vingt ans, le plus
bel âge dit-on. Mais voilà, devenue adulte, il était
temps pour elle d'avoir des descendants. En levant la tête, elle
s'aperçut que des libéristes amoureux de l'air et des
enfants avaient mis en place des formations dans le cadre scolaire.
Ces expériences ont débuté dans les années
90 grâce à la détermination et à l'enthousiasme
d'enseignants, de pratiquants, de moniteurs, de clubs, d'écoles
et
de jeunes. Tous très motivés, ils se sont lancés
dans l'aventure du vol libre à l'école. Voici, succinctement,
leur recette
Prendre un joli stylo
pour accomplir les démarches administratives
(accords, assurances, UNSS, FFVL, Education nationale). Celles-ci sont
inhérentes à l'élaboration d'une Section sportive
de vol libre. S'armer d'un bon fusil pour partir à la chasse :
subventions, prêts, collaboration
qui vous permettront de
trouver le matériel nécessaire et adapté aux jeunes :
ailes, casques, radio, sites de pente école et de vol, véhicule
Noter que la FFVL a permis la construction d'une voile jeune adaptée
aux petits poids (l'Etna, 19 m). Enfin, ajouter une dose de moniteurs
et choisir la formule qui convient : week-end, stage(s), formation
continue sur l'année
.
Tout ceci avec amour, évidemment, et sans oublier
que les jeunes ne sont pas des adultes : leur pratique et leur
mental sont différents et la priorité absolue reste la
SECURITE. Les objectifs pédagogiques et les rythmes de formation
doivent s'adapter à la population touchée. Voici un petit
canevas pour tisser vos projets de vol libre à l'école
Canevas
6-11 ans. Ecoles primaires.
-
Mot clé : sensibiliser.
-
Formation : visites de sites de vol ;
construction de maquettes de cerf-volant, étude de l'environnement.
-
Objectifs : développer une
culture de l'air, susciter l'envie de voler, démystifier
le vol libre.
-
Activité possible : cerf-volant.
11-14 ans. Collèges.
- Mot clé : initier.
- Formation : autonomie sur pente école, vols
biplace, pratique du cerf-volant, théorie, culture générale
du vol.
- Objectifs : découvrir un sport, apprendre l'air,
prendre conscience du risque, observer et comprendre, prendre confiance
en soi, analyser une situation, s'investir dans un projet, se responsabiliser
et se motiver.
- Activité possible : cerf-volant, parapente.
14-18 ans. Lycées.
-
Mot clé : perfectionner.
-
Objectifs : accéder à
l'autonomie, gérer sa vie de pilote, prendre confiance en
soi, analyser une situation, s'investir dans un projet, se responsabiliser
et se motiver.
-
Activité possible : cerf-volant,
parapente, aile delta.
Et le delta ?
Globalement, les sections sportives visent à
développer la pratique du vol libre chez les adolescents. Pour
l'instant, seuls le parapente et le cerf-volant (dans un cas) ont fait
leur entrée en milieu scolaire. Prions le ciel pour que quelques
passionné(e)s prennent l'aile delta par la main pour les emmener
à l'école !
Une question trotte encore dans vos têtes ?
Pourquoi faire voler des enfants ? On pourrait vous répondre :
pour assurer la continuité de notre pratique, nous nous devons
de former les générations futures. Mais allez plutôt
jeter un coup d'il à la liste des établissements
qui proposent une formation en milieu scolaire. Choisissez en un et
aller voir par vous-même : nos petits les plus bavards seront
heureux de vous répondre !
La Coupe
Comment conclure sans parler de la Coupe de France
UNSS-FFVL ? Cette compétition est destinée aux jeunes
des sections sportives et existe grâce à la signature d'une
convention entre l'UNSS et la FFVL. Pour participer à cette manifestation
les jeunes doivent être assurés et licenciés à
l'UNSS et à la FFVL, puis être sélectionner lors
des championnats d'académies. Par équipe de trois à
cinq jeunes, les pilotes se mesureront au cours de trois types d'épreuves :
parcours d'aisance et de maniabilité au sol, petit vol sur pente
école, grand vol. Chaque concurrent est évalué
par un jury et le classement est effectué par équipe,
ce qui permet de désigner un établissement vainqueur par
catégorie : collèges et lycées.
L'édition 99 de la coupe de France promet quelques
nouveautés puisqu'elle propose de distinguer deux groupes de
pilotes afin d'adapter les épreuves au niveau de pilotage. Rendez-vous
les 6, 7 et 8 mai, dans le Jura, pour sa 4e édition !
Le mouvement est lancé. Nous devons le poursuivre !
Cette mission sera difficile à mener sans les enseignants en
place qui permettent au vol libre d'infiltrer le milieu scolaire. Pour
cela, la FFVL doit s'attacher à sensibiliser, voire à
former les profs, et bien sûr en particulier ceux d'EPS. l
Les
établissements participants
Collège Louis Bouvier :
12, rue de Paris, 39150 St Laurent-en-Grandvaux. 03 84
34 13 80.
Aménagement du temps : mercredi
après-midi.
Formation proposée : initiation pour
des élèves de 3e, pente école,
théorie, grands vols.
Responsables : Jacky Bouvard : 03 84 60 09
83 ; Richard Berbey : 03 84 60 83 70.
Collège Jeanne d'Arc :
10, rue Sauget, 39300 Champagnole. 03 84 52 70 70.
Aménagement du temps : mercredi
après-midi et vacances.
Formation proposée : initiation, pente
école, théorie, grands vols. .
Responsables : Vermot-Gauchy Joseph : 03 84
52 21 72 ; Cannelle Jean : 03 84 52 41 74.
Collège de Rochebrune :
309, Chemin des Ecoles, 74120 Megève. 04 50 21
04 90.
Aménagement du temps : mercredi
après-midi et week-end.
Formation proposée : initiation, pente
école, théorie, grands vols.
Responsable : Blandin Bernard : 04 50 21 04
90.
Lycée du
Grésivaudan :
1, avenue Taillefer, 38240 Meylan. 04 76 90 30 53.
Aménagement du temps : week-end et
vacances scolaires.
Formation proposée : initiation et
perfectionnement, pente école, théorie,
grands vols.
Responsables : Christine Dupraz : 04 76 08
14 42 ; Philippe Hubert : 04 76 73 21 80.
Lycées de Digne.
Aménagement du temps : mercredi
après-midi et vacances.
Formation proposée : vols biplace,
découverte, initiation et perfectionnement : pente
école, théorie, grands vols.
Responsables : Santangello Fabrice : 04 92
32 42 06.
Regroupement d'établissements :
Collège Jeanne
d'Arc :
17, rue Massey, 65000 Tarbes. 05 62 44 21 90.
Collège des
Pyrénées :
6, bd du maréchal Juin, 65000 Tarbes. 05 62 93 55
09.
Collège
Pradeau-la-Sède :
14, rue Mesclin, 65912 Tarbes. 05 62 44 20 60.
Lycée
Lautréamont :
Avenue Azereix, 65000 Tarbes. 05 62 34 51 13.
Lycée Jean Dupuis :
12, rue Gaston Dreyt, 65000 Tarbes. 05 62 34 03 74.
Lycée Victor Duruy :
Allée Jean Jaurès, 65200
Bagnères-de-Bigorre. 05 62 95 24 27.
Lycée Sixte-Vignon :
12, rue Taillade, 65800 Aureilhan. 05 62 38 93 93.
Lycée Reffye :
76, avenue du Maréchal Joffre, 65000 Tarbes. 05 62
34 21 40.
Aménagement du temps : mercredi
après-midi, sur l'année.
Formation proposée : initiation, pente
école, théorie, petits vols.
Responsables : Vive Bruno : 05 62 34 03
74 ; Domec Michel : 05 62 34 51 13.
En projet :
Regroupements de Lycées sur le district
de Colmar.
Aménagement du temps : mercredi
après-midi.
Formation proposée : journées
découvertes, initiation et perfectionnement sur
deux ans : pente école, théorie,
grands vols.
Responsable : Bronner Jean : 03 89 49 43 51.
Cerf-volant :
Collège St Roch :
2958, avenue Moulins, 34100 Montpellier. 04 67 75 46
41.
Aménagement du temps : 15 séances de 4
heures
Formation proposée : initiation aux
techniques de construction, réalisation de
cerfs-volants de sport, formation théorique et
pratique au pilotage, préparation de la
compétition.
Responsable : Mme André : 04 67 75 46
41 ; Michel Trouillet : 04 67 84 32 79.
Frappez
à la bonne porte !
Le sport en milieu scolaire et sa gestion par les administrations,
institutions ou associations, voilà un casse tête ou bien
peu réussissent à s'y retrouver, notamment lorsqu'il s'agit
de frapper à la bonne porte pour obtenir une reconnaissance,
des soutiens, des subventions. Essayons de résumer les grandes
lignes du fonctionnement, afin d'y voir plus clair.
Les activités
UNSS
L'Union nationale du sport scolaire (UNSS) a pour mission
d'organiser et de promouvoir le sport scolaire associatif. Le directeur
départemental qui préside le conseil départemental
est l'interlocuteur privilégié à qui il faut s'adresser.
L'UNSS délivre des licences sportives scolaires à ses
adhérents (environ 15% de la totalité des élèves).
La pratique doit s'organiser dans le cadre de l'association
sportive scolaire (ou ASS, une association type loi 1901) qui existe
obligatoirement dans tous les établissements scolaires du second
degré. Celle-ci a pour vocation de prolonger la pratique de l'éducation
sportive et physique (EPS) dispensée en heures obligatoires.
Ses activités se déroulent donc durant des horaires extra
scolaires, en général les mercredi après-midi.
Le chef d'établissement est de droit le président
de l'association, il est donc le responsable légal de toutes
les activités. Les professeurs d'EPS disposent d'un forfait horaire
dans leurs obligations de service, destiné à l'animation
de l'ASS (3 heures hebdomadaires depuis 1981).
La mise en place de l'activité parapente dans
une ASS UNSS passe donc par la sensibilisation et l'adhésion
des professeurs d'EPS et des chefs d'établissements.
On notera que la loi du 16 juillet 1984 précise
que " les ASS bénéficient de l'aide de l'
tat... "
et que " les collectivités territoriales peuvent concourir
au développement de ces associations en particulier en favorisant
l'accès à leur équipements sportifs ".
Les
sections sportives
Les sections sportives sont à peu près
l'équivalent des anciens " sport études ". Elles
sont reconnues comme un maillon des " filières de haut niveau ".
A ce titre c'est l'administration Jeunesse et sports qui délivre
l'appellation " section sportive ". Elles avaient été
crées dans le but de former une continuité entre le sport
de masse et le haut niveau. Même si aujourd'hui elles sont un
peu délaissées par l'administration de la Jeunesse et
des sports dans certains départements, elles peuvent représenter
un maillon intéressant en amont des Pôles Espoirs ou tout
simplement pour favoriser une pratique sportive en milieu scolaire.
La classe à horaires aménagés
peut être un bon moyen de préparer l'ouverture d'une section
sportive durant une année. Ne bénéficiant pas de
reconnaissance particulière, elle peut être le résultat
d'un accord avec le chef d'établissement. Les collectivités
territoriales aident souvent son financement.
Création
Les dossier de demande d'ouverture sont à demander
auprès de la DDJS ou de l'inspection d'Académie selon
les départements. Ils doivent être présentés
au chef d'établissement, et à l'inspection pédagogique
pour avis. Une commission régionale mixte
ducation nationale
/ Jeunesse et sports se réunie tous les ans pour donner un avis
sur les demandes d'ouverture ainsi que sur le classement des sections
existantes en catégorie. C'est la CTPA, Commission technique
paritaire académique, qui statue finalement sur les dossiers.
Les différentes catégories sont A, B,
et C, selon le niveau sportif des élèves, l'étendue
du recrutement de ceux-ci (local, départemental, régional,
national), le suivi médical, la mise à disposition d'un
internat ou non, etc.
Fonctionnement
L'aménagement de la scolarité doit permettre
la pratique et les apprentissages théoriques spécifiques
à l'activité sportive. Ce n'est donc plus une pratique
extra scolaire comme celle de l'UNSS. L'encadrement doit être
assuré par les enseignants d'EPS, des brevetés d'
tat
et des cadres techniques.
Les sections sportives disposent donc d'une reconnaissance
réglementaire de la part de Jeunesse et sports et de l'
ducation
nationale. Le paiement de vacations pour les enseignants des sections
sportives de catégorie A est prévu dans le budget Jeunesse
et sports (Chapitre 31-96 en 96). Des crédits provenant du rectorat
existent également. A noter que la plupart du temps, les subventions
les plus importantes proviennent des conseils généraux
lorsqu'ils possèdent un service des sports.
En contrepartie, la loi rend obligatoire deux examens
médicaux approfondis par année scolaire pour les élèves.
Les
Pôles Espoirs
Ils font partie intégrante des nouvelles dispositions
appelées " filières d'accession au haut niveau "
en vigueur depuis 1995. Cette reforme permet aux fédérations
délégataires responsables de disciplines olympiques ou
reconnues de haut niveau (c'est le cas de la FFVL) d'organiser un réseau
de structures d'accueil des sportifs, adaptées aux spécificités
de leur discipline.
La mise en place et le suivi des filières de
haut niveau constitue une mission prioritaire des directions techniques
nationales. Leur validation comme Pôle et leur labellisation est
instruite par la Commission nationale du sport de haut niveau. En clair,
ils font l'objet d'une sorte de contrat entre la fédération
et le ministère de la Jeunesse et des sports.
Les Pôles sont à la fois une structure
d'entraînement et de formation des sportifs accueillis. Ils regroupent
des jeunes présentant des qualités sportives potentielles.
Ces jeunes peuvent être inscrits sur les listes Espoirs du MJS.
Les Pôles Espoirs vol libre
Etant donné l'âge de début de pratique
dans notre discipline (14 ans) et celui de l'accès à la
compétition (18 ans), l'action d'un Pôle se situe complètement
dans la formation à la performance et la détection des
potentiels pour le haut niveau. Il existe actuellement deux Pôles
pour le vol libre, l'un à Font-Romeu, l'autre à Barcelonette.
Et après ?
Les jeunes suivent leurs études post baccalauréat
ou une formation professionnelle de leur choix. Le statut d'Espoirs
les aide pour intégrer certains établissements. Au sein
de quelques équipes de ligue, ils continuent leur progression
en compétition. S'ils persévèrent dans cette voie,
ils peuvent à terme intégrer le collectif France.
Concrètement :
Scolarisation
Actuellement, les jeunes sont recrutés à
partir de la seconde et sont scolarisés soit au lycée
sportif de Font Romeu (depuis septembre 95), soit au lycée André
Honnorat de Barcelonnette (depuis la rentrée 97), où ils
suivent une scolarité classique (filières S, ES et L)
sous le régime de l'internat.
Emploi du temps et entraînement
Il est aménagé pour libérer des
heures d'entraînement dans la semaine : théorie ;
préparation physique ; culture vol libre ; vol
Le samedi et le dimanche sont également consacrés à
l'entraînement qui peut atteindre un volume maximum de 30 h par
semaine en période de forte activité. Des stages sont
également programmés sur l'année (découverte
d'autres activités aériennes, préparation à
la compétition
). Dans le cadre de leur entraînement,
les jeunes découvrent la compétition puis y participent.
Contrat
Au travers d'un contrat moral, chaque jeune s'engage
à s'investir scolairement et à s'impliquer dans l'entraînement
proposé. Ce contrat est renouvelé chaque année
au vu des résultats scolaires obtenus et de la progression sportive
réalisée. Enfin le contrat est individuel et doit permettre
à chaque jeune de s'inscrire dans un projet.
Frais
Les familles ont à leur charge le matériel
de vol au complet (en adéquation avec le niveau du jeune pilote)
ainsi que les pensions et quelques frais annexes.
Financement
Le budget de fonctionnement des Pôles a pour
origine la convention d'objectif MJS et FFVL. Il est complété
par des apports plus locaux (direction régionale de Jeunesse
et sports, collectivités locales et territoriales
).
Comment y accéder ?
Recrutement
Si vous êtes motivés par un tel projet, vous pouvez
d'ores et déjà envoyer une lettre de motivation à
la FFVL " Candidature Pôles Espoirs ", ou tout simplement
obtenir des renseignements complémentaires en téléphonant
au 04 68 30 59 44.
Font Romeu
Situé sur le versant sud des Pyrénées,
les sites utilisés sur l'ensemble de la Cerdagne française
et espagnole bénéficient d'une topographie et d'une aérologie
adaptées à la progression des pilotes.
Depuis sa création, l'établissement qui
nous accueille se veut à vocation sportive. Il compte actuellement
en son sein 4 Pôles et 8 Sections sportives. Conjointement au
Centre national d'entraînement, il dispose sur place de nombreuses
installations sportives et bénéficie de la présence
permanente d'un médecin. Les horaires sont aménagés
et un tutorat pédagogique mis en place.
Contact : lycée sportif Pierre de Coubertin.
66120 Font Romeu. Tél. : 04 68 30 83 00
Coordinatrice FFVL : Christine Cessio (04
68 30 59 44).
Barcelonnette
Au cur des Alpes, nous profitons de sites variés
aux conditions parmi les plus favorables pour la progression annuelle
des pilotes. Notre établissement de montagne axe son avenir sur
le développement des pratiques sportives de plein air. Il accueille
plusieurs sections sportives et deux Pôles, ainsi qu'une section
de préparation aux métiers sportifs de montagne. Les horaires
scolaires sont quasi traditionnels grâce à la proximité
des sites d'évolution.
Contact : lycée André Honnorat.
04400 Barcelonnette. Tél. : 04 92 81 01 18
Coordonnateur FFVL : Gilles Schwab (04 92 35 34
23).
Christine Cessio, Gilles Schwab, cadres techniques
L'expérience
du collège de Rochebrune
Le collège de Rochebrune à Megève
a été construit dans les années 60. Dès
le tout début, la pratique sportive a été privilégiée,
en partie à cause de la vocation sportive de la vallée
de l'Arly où ski, hockey sur glace et montagne sont des traditions
bien ancrées, en partie grâce à la volonté
d'un Principal, Maurice Dupont-Roc, pour qui les vertus pédagogiques
du sport n'ont jamais été à démontrer. Très
vite, des aménagements d'horaires ont été mis en
place. Plus tard, les premières " sections sportives "
ont été reconnues par l'Union nationale du sport scolaire
(UNSS). 36 années après l'ouverture de Rochebrune, Maurice
Dupont-Roc a passé la main. Son remplaçant, Charles Elbez,
est tout aussi convaincu des mérites du sport et a repris à
son compte en début d'année scolaire les 7 sections que
compte maintenant l'établissement : ski alpin, ski de fond,
ski acrobatique, hockey sur glace, patinage, natation et
parapente !
Car le vol libre a trouvé tout naturellement sa place dans la
vie du collège, sous l'impulsion d'un prof d'EPS, moniteur d'Etat
et président du club de parapente local : Bernard Blandin.
VOL Passion a bravé orages d'automne et embouteillages des heures
de pointe pour aller à la rencontre de ces trois acteurs du vol
libre scolaire. Extraits
" L'arrivée du parapente ne s'est pas faite
d'un coup.
Ce furent d'abord, au tout début des années
90, des expériences ponctuelles sous la forme de stages
de 3-4 jours ou de week-ends. Nous étions alors très prudents,
car le matériel n'était pas très adapté
à la pratique des adolescents. Nous ne savions pas comment allaient
se comporter les gamins ni ce que ce sport allait leur apporter. Après
tout, il valait peut-être mieux leur faire faire du handball ou
de l'athlétisme
En 1992, les préfets de Haute Savoie
et Isère &endash; les seuls en France &endash; interdirent tout
simplement le parapente au moins de 16 ans ! Ca nous laissa
le temps de la réflexion ! En 95, Michel Ambal, tout nouveau
DTN, s'ingénia à faire revenir l'administration sur ces
interdictions. Les ailes avaient bien évoluées. Nous reprîmes
nos projets avec la volonté de faire du vol libre une activité
plus suivie. Nous négociâmes avec la FFVL et l'Education
nationale, et en 1995 cette dernière reconnut la section sportive
parapente comme une des composante de l'association sportive de notre
collège.
L'intérêt principal de se constituer en
section sportive est bien sûr d'intégrer ainsi officiellement
le mouvement sportif scolaire.
On est alors reconnu par les instances sportives et
éducatives ; on peut fonctionner normalement ; on peut
obtenir des subventions non négligeables. Les sections sportives
participent aussi à l'image de marque de l'établissement
et ne sont pas contradictoires avec de bons résultats scolaires.
Enfin les élèves peuvent bénéficier d'horaires
aménagés. Alors pourquoi se priver de quelque chose qui
fonctionne aussi bien ? D'autant que les sections sportives tirent
tous le collège vers le haut : à Rochebrune, plus
de 50% des élèves sont inscrits à l'UNSS, 2 fois
et demie la moyenne nationale !
Les parapentistes ont été intégrés
dans les mêmes classes que les skieurs. Ils bénéficient
des mêmes créneaux horaires. L'entente entre élèves
est sans problème. Les attitudes des uns et des autres diffèrent,
bien sûr, à l'image de leurs sports, avec un peu plus de
réflexion, d'intériorisation chez les uns et plus d'enthousiasme,
d'extériorisation chez les autres.
Nous avons l'avantage indéniable de pouvoir
travailler dans la durée
Le parapente a été accepté sans
problème par les autres professeurs et les parents d'élèves.
Ces derniers ne sont d'ailleurs pas les moins confiants
! Quand au rectorat, dans la mesure où tout a été
fait dans les normes, il suit. Il nous regarde quand même d'un
il attentif. Nous n'avons pas le droit à l'erreur. Alors
qu'entorses et fractures sont des réalités acceptées
pour certains sports comme le ski, nous nous devons d'afficher un niveau
zéro de pépins. Après 4 ans et une quarantaine
d'élèves, c'est toujours le cas !
Les plus grandes réticences sont venues du monde
médical, en particulier l'hôpital d'Annecy, relayé
par des articles de presse et soutenu par la Préfecture. Notre
argumentation d'alors reste valable : si l'on fait de la prévention
chez les jeunes, on a moins de risques chez les moins jeunes. Cette
logique a bien été comprise des compagnies d'assurances
qui donnent des bonus à ceux qui sont passés, entre 16
et 18 ans, par la conduite accompagnée.
La sécurité reste donc l'un de nos objectifs
principaux, sinon l'objectif principal (contrairement à ce qui
se passe dans certaines disciplines où la compétition
prime sur tout). Elle tient une place prépondérante dans
l'enseignement même du parapente. Si nous arrivons à amener
les élèves, une fois sortis du système scolaire,
à savoir gérer leur sécurité, alors nous
aurons réussi. La compétition n'a finalement guère
d'importance et n'intéressera qu'une minorité. Elle n'est
là principalement que pour motiver, pour donner une perspective.
L'Education nationale préconise actuellement
pour les élèves, à travers les " parcours
diversifiés ", qu'ils cultivent des domaines d'excellence.
Le vol libre s'inscrit parfaitement dans cette voie.
C'est enfoncer des portes ouvertes que de dire que la pratique sportive
permet le développement et l'épanouissement des individus.
Pourtant le parapente fait partie de ces sports dont les retombées
positives sur les élèves sont particulièrement
frappantes. Le vol libre est un révélateur de personnalité.
Des ados timides manquant d'assurance et de caractère, sur lesquels
nous n'aurions parfois pas misé un centime, sont transformés,
avec des répercussions sur leur scolarité. Quand on fait
un sport collectif, il y a toujours moyen, à un moment, de mettre
les pouces. En parapente, non. Quand on est engagé dans un vol,
on l'est jusqu'au bout ! Il faut gérer seul ! Le vol
libre partage d'ailleurs ces vertus pédagogiques avec d'autres
sports comme l'escalade ou la plongée sous-marine. Confiance
en soi, maîtrise, responsabilisation, maturité s'y acquièrent
plus facilement que par n'importe quelle psychothérapie !
Le recrutement reste modeste.
Pas de réticences , donc, dans l'établissement
ou chez les parents, mais pas d'enthousiasme non plus. Les gamins préfèrent
souvent les sports plus ludiques. Ceux qui viennent à nous sont
souvent plus matures que la moyenne et certainement très motivés.
C'est sans doute pour cela que nous recrutons pas mal de filles, traditionnellement
plus assidues, disciplinées, concentrées que les garçons
dans cette tranche d'âge. Il faut dire aussi que nous nous refusons
à tout prosélytisme. Pas question de recruter dès
la maternelle ! Oui, c'est le cas dans d'autres sections ! Et puis,
c'est évident, la " culture de l'air " n'est pas encore
bien implantée. S'il est admis depuis longtemps qu'on peut escalader
une montagne et en redescendre en ski ou en vélo, la possibilité
d'en décoller est beaucoup plus récente !
C'est pour cela qu'il faut travailler en aval et, dès
le premier âge, construire cette culture de l'air.
Le cerf-volant est bien sûr un des moyens d'approche
privilégiés, et il est dommage que l'Union sportive de
l'enseignement primaire (USEP) ait certaines réticences concernant
cette pratique. On peut aussi imaginer des interventions ciblées
de professeurs d'autres disciplines, ce qui n'est d'ailleurs pas évident
car les programmes sont déjà bien chargés. Les
projets et grandes formules proposés par la commission Formation
de la FFVL englobent bien tous les aspects que peut revêtir, du
primaire au Bac, le vol libre scolaire. La FFVL subventionne sous différentes
formes sections sportives et Pôles Espoirs. Mais rien ne se fait
sans la motivation des femmes et hommes qui veulent &endash; ou pas
&endash; participer à ce programme, enseignants comme familles.
Sans la symbiose "clubs &endash; collège", les
sections sportives ne pourraient pas vivre
Cette année, des élèves de 5e
veulent faire du parapente.
Il faudra bien sûr obtenir les autorisations
idoines, puisqu'ils ont moins de 14 ans. C'est la situation idéale :
nous avons dans ce cas l'avantage incroyable de pouvoir travailler dans
la durée. 5e, 4e, 3e
c'est 3 années complètes
pour apprendre à voler. Pas de pression, pas d'obligation de
résultat immédiat, le temps de faire vraiment un travail
de fond. Intégrer un ados seulement en 3e est déjà
plus frustrant. Il ne fera ses premiers vols qu'au printemps. Il finira
l'année avec un niveau de pratique assez bas et nous ne savons
pas s'il continuera à voler pendant ses années lycée.
C'est là un problème sur lequel nous n'avons que peu de
prise. La pratique du parapente en milieu scolaire dépend, répétons-le,
de la motivation des enseignants en place !
Pour nous, l'après collège, c'est le
lycée de Passy ou le Pôle espoirs de Barcelonnette. Nous
avons réussi à mettre en place cette année des
aménagements d'horaires pour 5 élèves à
Passy. Nous avons une ancienne élève en 2e année
à Barcelonnette. Cette continuité de la pratique, c'est
tout ce qui fait l'intérêt de la filière scolaire.
C'est aussi l'espoir de voir ces jeunes rejoindre nos clubs de vol libre :
un peu de sang neuf chez des pratiquant qui, statistiquement, vieillissent.
C'est aussi pour cela que la section vol libre du Club des sports de
Megève s'implique à fond dans ce qui se passe à
Rochebrune, Passy ou Barcelonnette.
Il ne faut pas oublier non plus l'aspect social de
la pratique du parapente en milieu scolaire.
Le matériel de vol libre est cher. Grâce
à ce type de sections sportives, les jeunes de toutes conditions
y ont accès. Nous avons volontairement choisi une cotisation
scolaire annuelle très basse : 200 F (contre 800 F pour
une année de judo, par exemple). Prêt du matériel,
encadrement, transport, tout est compris ! Cette politique n'a
pu être réalisée que parce que nous avons su faire
des investissements sur plusieurs années. Et aussi parce que
nous travaillons en collaboration étroite avec le Club des sports
de Megève : la section sportive du collège possède
des parapentes et des harnais payés à la fois par le collège
et le Club des sports ; l'Education nationale met à disposition
un enseignant ; le Club des sports assure la logistique transport
et mets à disposition un brevet d'Etat. L'activité parapente
est alors divisée fictivement en deux : le mercredi après-midi
est le jour de l'UNSS et le samedi matin celui du Club, donc de la FFVL.
C'est une véritable symbiose. Sans elle, la section sportive
ne pourrait sans doute pas marcher. " l
Propos recueillis par Stéphane
Malbos
Le
témoignage d'un père
" Mon fils suit depuis 2 ans maintenant le cursus
sport-études au lycée de Font-Romeu. Je tenais à
remercier la FFVL et ses partenaires (je pense tout particulièrement
aux entraîneurs) pour ce que je considère comme une belle
réussite. En effet, grâce à l'existence de cette
formation et à la motivation des entraîneurs, mon fils
s'est révélé. Son travail scolaire en particulier,
qui à mes yeux reste l'élément le plus important,
s'est sensiblement amélioré. Et ceci grâce à
l'assurance et à la motivation qu'il a puisé dans le parapente.
Il faut aussi mettre en avant un second aspect que
je considère comme essentiel. Tout en faisant énormément
progresser mon fils au niveau de sa technique de vol, il lui a été
apporté une dimension de mesure et d'analyse dans sa manière
de pratiquer un sport à risque. C'est là une chose plutôt
difficile à faire assimiler à un adolescent souvent enclin
aux enthousiasmes parfois dangereux dans la pratique de sa passion.
Pour que cette investissement s'améliore encore,
il lui reste à le valider à travers des résultats
en compétition, ce que je l'inciterai à faire de son mieux.
Reste une question que d'autres parents se posent et
à laquelle vous avez sûrement réfléchi :
et après le Bac ?
" l
Le
cerf-volant aussi !
Au collège St Roch de Montpellier, 15 enfants
de 12 et 13 ans sont associés à un projet
éducatif centré sur le cerf-volant. Le
but : construire et piloter un cerf-volant de sport.
Le projet est mené conjointement par des
enseignants de l'établissement et des intervenants
extérieurs. Il conjugue facettes et objectifs
multiples.
Des facettes et objectifs multiples
Les facettes : initiation aux techniques de
construction ; réalisation de cerfs-volants
de sport (modèles individuels sur la base d'un
graphisme commun) ; formation théorique au
pilotage (aérologie, aérodynamique,
gestuelle, sécurité, organisation de la
compétition, organisation
fédérale) ; formation pratique en
individuel et en équipes ; préparation
de la compétition.
Les objectifs : technologique (techniques de
voilerie, travail des matériaux composites) ;
écologique : (sensibilisation au problème
de l'air, de la météorologie et de
l'atmosphère) ; sportif (appréhension
de la discipline sportive cerf-voliste et conduite du
groupe en compétition régionale).
Les horaires : 15 séances de 4 h
(construction : 10 h ; formation théorique :
10 h ; formation pratique : 20 h ;
entraînement et préparation à la
compétition : 20 h).
Les productions envisagées : mars :
1ère manche du championnat régional au Mas
de Londres ; prix du conseil général /
ODSH. Avril : exhibition au Festival international du Cap
d'Agde. Mai : 2e manche régionale à
Narbonne plage.
Ouverture vers l'extérieur : rencontre
avec le milieu cerf-voliste international ; les
professionnels concepteurs de cerfs-volants de
compétition ; l'industrie et technologies de
pointe (matériaux composites) ; les
structures associatives et fédérales.
Développement des savoir-faire : travail
manuel (dessin, méthode, coupe, couture,
façonnage des matériaux composites,
accastillage et nuds) ; observation et
compréhension de l'environnement
aérologique et des phénomènes
météorologiques ; mécanique des
fluides et aérodynamique appliquée au
cerf-volant ; développement de la
latéralité et des réflexes ;
gestuelle sportive et gestion de l'espace dans un travail
d'équipe.
Développement des savoir-être :
précision et minutie du travail de voilerie ;
sens de l'observation et développement de
l'analyse et de la réflexion à partir d'un
contexte et d'une situation concrète
donnée ; esprit d'équipe,
combativité et persévérance
De la théorie à la
compétition
Dans un premier temps, les enfants se sont
équipés en cerfs-volants d'initiation
" First steep ", présentant l'avantage
de réglages adaptables aux conditions
aérologiques et au niveau technique du pilote
débutant (vivacité du vol, traction du CV,
plage de vent
). L'équipement a
coûté 300 f pour chaque enfant, qui s'est vu
remettre un manuel de figures, un mécavol
adapté au cerf-volant ainsi qu'un stick permettant
de répéter les figures. Depuis la
rentrée scolaire 3 bons pilotes de l'association
OK Mistral et un professeur de sport du collège
assurent tous les mercredi après-midi un
entraînement sur le terrain de sport du
collège.
L'activité débute par une formation
théorique de 30 mn ou les enfants peuvent exprimer
leurs progrès et les difficultés
rencontrées durant la semaine
écoulée. L'aérologie, les aspects
techniques des figures, la gestuelle, la maintenance et
la sécurité sont abordés avant
chaque séance d'entraînement. Sur le terrain
de foot, 6 secteurs sont déterminés,
permettant aux enfants de travailler en binôme,
chaque animateur encadrant, guidant, corrigeant leur
apprentissage.
Après 5 séances de 3 h, les jeunes
pilotes sont capables de décoller et d'atterrir en
bord de fenêtre, de réaliser les loopings,
infinis verticaux et horizontaux, sauts vers le ciel et
vers le sol, le carré. Les règles
aérologiques de base sont assimilées et la
majorité des enfants pratique l'entraînement
individuel 2 à 3 h chaque semaine.
Une évaluation pratique et par QCM valide le
niveau jaune du pilote. Nous avons élaboré
des niveaux sur les bases de ceux du parapente, ce qui
nous semble primordiale pour la motivation des enfants et
la pédagogique de l'évaluation. La seconde
étape va consister à présent
à amener le groupe à un bon niveau de
compétiteurs novices. Quelques
éléments se détachent
déjà qui peuvent viser une entrée en
compétition " expert " et
peut-être " paire ".
Cette initiative s'inscrit dans une action
menée en partenariat avec l'UNSS. Une
compétition scolaire et un prix
départemental sont envisagés pour juin
1999. l
Michel Trouillet
La
compète, c'est trop
cool !
Compétition : un mot tabou qui
véhicule une image particulière liée
à notre monde moderne occidental où il est
parfois synonyme de peur, d'engagement sans limites, de
prise de risque maximum, tous les moyens étant
valables pour gagner. Aujourd'hui la carte de
compétiteur vol libre n'est délivrée
qu'à partir de 18 ans et la solution du
surclassement soumis à la présence d'un
tuteur expérimenté est très peu
utilisée. Cette décision " sage "
a été prise pour protéger les jeunes
de la perversité de la compétition.
Mais nous avons peut-être d'autres moyens d'en
limiter les excès. La confrontation ne permet-elle
pas de développer certaines aptitudes et valeurs
intéressantes pour l'ados ? Est-il absurde
d'envisager ce genre de rencontre entre jeunes dans un
système adéquat ?
Confrontation individuelle, déroulement
collectif
Une compétition, c'est une organisation
permettant de voler dans un cadre structuré
(directeur d'épreuve connaissant les secteurs de
vol, anticipant les conditions météo,
réseaux de communication, navettes, règles
du jeu bien définies). D'un point de vue sportif,
c'est la confrontation d'un pilote à une
tâche précise, autrement dit :
" comment puis-je, avec mes capacités
actuelles (technique de vol, connaissances
théoriques, état mental), résoudre
le problème posé ? " Le
déroulement collectif des vols donne l'avantage
d'aider à la décision, pour peu que le
pilote ne se laisse pas trop influencer. Les vols
évoluant la plupart du temps sur des terrains
qu'il ne connaît pas, il est obligé de
déployer toutes ses ressources pour arriver
à boucler le parcours choisi.
Le danger se situe en fait dans son incapacité
à préserver son jugement personnel :
personne ne l'oblige à décoller, à
choisir un itinéraire plutôt qu'un autre.
Un cocktail formateur
Le parapente fait partie de la famille des sports de
glisse, dans lequel le mouvement est induit par une
énergie naturelle (gravité, vent, vague,
soleil, muscle). La médiation du
déplacement par un engin privilégie le
côté sensitif de la pratique
(équilibre, accélération). Plus
encore que dans les autres activités
" fun ", l'homme doit apprendre le milieu dans
lequel il évolue et il doit s'apprivoiser à
son contact. Car le vol libre dispose d'une
spécificité essentielle qui est son aspect
aéronautique (évolution dans la
troisième dimension) impliquant un cadre
précis de pratique.
L'association " plaisir / glisse " mise en
parallèle avec la notion de " sport à
risque " donne un cocktail particulièrement
formateur pour les jeunes pilotes. L'adolescent est
quelqu'un qui cherche à s'affirmer pour construire
son identité personnelle et sociale. Voler, c'est
acquérir une technique qui exige une concentration
totale, une maîtrise de l'outil et le
contrôle de son affectivité à un
âge où on ne sait pas toujours très
bien où l'on en est. Quand l'ados est suspendus
sous sa machine, il est seul, face à lui
même, confrontés à sa réelle
personnalité
Le vol libre permet ainsi le développement de
qualités intéressantes pour l'individu:
coordination motrice fine associée à
l'écoute des sensations de glisse ;
capacité à l'observation et analyse des
informations liées à une connaissance
théorique des phénomènes
constatés ; facultés d'autonomie,
d'anticipation, et d'improvisation ; instauration
d'une relation constante avec le milieu naturel ;
intégration à un groupe de
pratiquants ; apprentissage de la gestion de la
prise de risque ; obligation de prise de
décisions pouvant impliquer son
intégrité physique.
Tous ces facteurs participent à la
responsabilisation et sont susceptibles de transfigurer
l'adolescent et le pré adolescent. Ils nous
encouragent aussi à confronter les jeunes à
la compétition.
Mais dans quelles conditions ?
Ados et
compète
La performance
En fait, au mot compétition nous
préférons celui de performance. Il renvoie
à l'idée d'accomplissement personnel plus
qu'à celle de résultat par rapport aux
autres. Car comment envisager une progression
cohérente et saine si l'on ne cherche pas à
faire le mieux que l'on peut pour soi même ?
C'est une tâche qui occupe toute une vie
Vaste programme !
Ainsi le classement devient
une conséquence et pas le but ultime
recherché.
Cette volonté de progrès paraît
essentielle, quelque soit le type de pratique
envisagé, loisir où sportive. L'actuelle
baisse de licenciés est due, entre autres,
à une pratique répétitive
(même lieu, même forme de vol) finissant par
devenir ennuyeuse. Une des solutions consiste à se
fixer des objectifs à chaque vol pour s'inscrire
de façon volontaire dans une progression.
L'encadrement
C'est une donnée essentielle. La mise en place
d'un programme d'entraînement, en relation avec le
pilote, dans le but de l'aider à améliorer
ses capacités (technique, tactique,
informationnelle et mentale) est de la compétence
d'un entraîneur. Tout comme le choix des secteurs
et des conditions de vol affrontées par le pilote
en fonction de son niveau.
L'entraîneur, en ayant à cur
d'uvrer pour la responsabilisation du pilote,
permet la mise en place d'une assurance contre le risque
de non conscience qu'est l'autonomie. En effet, seul le
pilote sous sa voile est acteur. Il doit avec son libre
arbitre faire ses choix et comprendre tout le temps dans
quelle situation il se trouve.
L'entraînement
La vision simpliste consistant à penser que
notre activité peut se pratiquer sans
préparation spécifique ni assiduité
est erronée. Le pic des accidents pendant les mois
d'avril et mai est un exemple frappant pour le rappeler.
Envisager l'activité sous un angle sportif est
devenu nécessaire. Un entraînement
planifié avec une reprise progressive (volume,
conditions de vol) permet, comme dans tous les autres
sports, de progresser. L'approche analytique prend en
compte la technique, la tactique, la forme physique, le
mental et la connaissance du cadre de pratique comme
autant de paramètres à améliorer.
Une pratique collective
Le groupe est un facteur de progression
déterminant. Il ouvre la possibilité, en
plus d'une pratique améliorant la
sécurité, de confronter les analyses et les
choix tactiques. Les expériences mises en commun
enrichissent le vécu de chacun.
et multiforme
Le vol libre est une activité plurielle. Toutes
les autres formes de confrontation peuvent être
proposées aux ados : les rencontres scolaires,
bien sûr, basées sur la
dextérité du maniement de voile au sol ou
sur site de petit dénivelé. Elles mettent
l'accent sur l'aspect ludique et extrêmement
formateur de la pratique en pente école.
Mais aussi :
- la voltige, qui valorise le rapport intime avec la
machine et les sensations qui y sont liées, le
facteur environnement naturel étant
minimisé ;
- le ballet aérien, qui nécessite des
capacités techniques d'autant plus précises
qu'elles doivent être coordonnées avec
d'autres pilotes ;
- les confrontations par équipe, telle que la
Coupe Blériot, qui mettent en avant le collectif
et les échanges au sein du groupe.
Année 1998
En mai, les échos de la coupe de France
FFVL-UNSS sont enthousiastes : qualité,
dextérité, joie d'être ensemble. En
août, à Mieussy, championnat de France des
moins de 21 ans : cette compétition
" classique " mérite aussi des
qualificatifs du même genre : sérieux,
compétence, gaieté, investissement. Le
comportement des participants lors de ces deux rencontres
donne une image de maturité. La
compétition, qui fait si peur aux pilotes adultes,
semble être perçue et vécue par les
plus jeunes de façon plus sereine.
La compétition pour les jeunes n'est donc ni
une folie d'adultes ni une dérive des
administrations. Elle permet, pour peu que les objectifs
qu'elle se fixe soient bien identifiés,
l'acquisition de valeurs structurantes. Elle aide
l'individu à se développer, à
s'intégrer à un groupe, à se
responsabiliser. l
Marc Rispoli, cadre technique,
entraîneur du Pôle Espoir de Font-Romeu