L'aile Delta

L'origine
En
1948, un ingénieur de la NASA inventa une aile
à voilure souple et armature triangulaire
(d'où le nom d'aile delta), à l'origine
destinée à la récupération de
capsules spatiales, mais qui se révéla de
mise en oeuvre difficile et dont l'industrie
aéronautique ne sut que faire.
Ce
n'est que dans les années 60 que des pionniers
passablement téméraires utilisèrent
cette invention pour rejoindre et imiter les oiseaux.
Tout
d'abord très peu fiables ces ailes
donnèrent à ce sport une image
d'activité dangereuse.
Deux
problèmes se posaient alors, d'une part des
voilures très souples dont les qualités de
stabilité étaient très
réduites (risques de départs en
piqué incontrôlable), d'autre part la
qualité des matériaux ainsi que la
frêle expérience des constructeurs rendaient
les risques de rupture en vol importants.
S'ajoutant
à cela le manque de structure de formation des
pilotes et l'inconscience de la plupart
contribuèrent à faire de ce sport
débutant une activité à haut risque.
En
quinze années le vol libre a acquis ses lettres de
noblesse. Le matériel est devenu très
fiable, tant au point de vue de la stabilité en
vol que de la solidité, il peut maintenant
résister à des accélérations
jusqu'à 6 fois le poids du pilote. L'emploi d'un
parachute de secours, d'instruments de vol et surtout un
enseignement et un encadrement des débutants
à fait de ce sport un activité mature.
Pour
en savoir plus sur l'enseignement
L'évolution des performances :
Les
deltas sont des planeurs et deux valeurs
caractéristiques définissent les
performances de ces engins :
1) Le taux de chute (vitesse verticale de l'appareil)
2) La vitesse de vol
Pour
un appareil donné, à chaque vitesse de vol
correspond un taux de chute et une valeur peut être
déduite de ces deux vitesses :la finesse.
C'est
aussi le rapport du chemin horizontal parcouru sur la
perte d'altitude.
Vous
l'avez compris plus ce nombre est grand plus l'appareil
est performant.
Les
premiers deltas avaient une finesse de l'ordre de 3 (avec
1000 mètres de dénivelé il
était possible de parcourir 3 kilomètres)
et leur vitesse était limitée aux environs
des 40 km/h.
Actuellement
les appareils les plus performants approchent les 14 de
finesse et la vitesse de vol maximale avoisine les 100
km/h.
Pour
en savoir plus sur les performances
Les ailes actuelles :
Nous
volons en compétition avec des ailes qui
pèsent entre trente et trente-cinq kilos, la
structure est en aluminium, la voile en dacron ou mylar;
nous sommes installés dans des harnais en position
couché sauf au décollage et à
l'atterrissage.
Le
matétiel
Le pilotage :
Le
pilotage se fait par déplacement du corps du
pilote.Les deux mains sur la barre de contrôle;
nous pouvons accélérer en tirant sur
celle-ci, tourner à droite ou à gauche en
déplaçant le corps où nous voulons
aller.Mais ce qui parait facile sur le papier l'est
beaucoup moins en situation de stress sur un
débutant.Les deux phases les plus délicates
du vol sont le décollage et l'atterrissage car le
sol étant proche le pilotage doit être plus
précis.
Pour
en savoir plus sur le pilotage
Les vols de distance :
Il
est donc possible avec nos appareils de parcourir des
distances assez importantes.Exploiter les ascendances,
convertir ces gains d'altitude en parcours horizontaux
(grâce à la finesse de l'aile) demande aux
pilotes cherchant à aller toujours plus loin, sens
de l'observation et de l'analyse, endurance et
motivation.
Les
meilleures performances mondiales ont été
réalisées dans le sud-ouest des Etats-Unis
avec entre autre une distance en ligne droite entre le
décollage et l'atterrissage de presque 400
kilomètres (les altitudes maximales atteintes lors
de ces vols ont été de l'ordre de 7000
mètres et la durée d'environs 10 heures).
Les compétitions :
Elles
durent entre 3 et 15 jours.Chaque jour une épreuve
est décidée par le directeur de
l'épreuve et annoncée lors d'un briefing
sur le site de décollage.Des circuits entre 40 et
150 kilomètres sont au programme, des balises sont
à contourner et à photographier, il faut
ensuite rejoindre le terrain d'atterrissage prévu
où le temps départagera les concurrents, le
circuit étant a boucler en un temps minimum.
Aux
derniers championnats du monde au Etats-Unis la vitesse
moyenne sur circuit était de l'ordre de 40
à 50 km/h.A cette vitesse là on est loin de
la gentille promenade dominicale.Le vol doit être
préparé à l'avance par un
entraînement sur le site, afin de repérer
les ascendances qui se situent assez souvent aux
mêmes endroits, et une étude minutieuse de
la carte.
En
vol lire la topographie, l'évolution des
conditions météorologique et choisir une
tactique vis-à-vis des concurrents provoque une
tension nerveuse constante, mais à la fin d'un
circuit réussi, quel bonheur de se laisser glisser
vers le but à grande vitesse.
Pour
en savoir plus sur la compétition